Expert Gilles CHAINE : « stade séquellaire sans signe inflammatoire.. »

 

L’une des questions de la mission d’expertise était de « dire de manière explicite et circonstanciée, si ces interventions étaient ou non, à l'époque des faits, pleinement justifiées par mon état, parfaitement adaptées au traitement de cet état, totalement conforme aux données acquises de la science et de la pratique médicale, tant au titre de la réalisation technique per­opératoire qu'au titre du suivi et de la surveillance postopératoire. »

Voilà comment le Pr CHAINE répond à la question :

« La prise en charge de l'ophtalmopathie dysthyroïdienne est complexe. Elle repose sur des moyens médicaux et chirurgicaux. Pour les patients présentant une ophtalmopathie dysthyroïdienne avec des signes inflammatoires, les traitements par corticothérapie systémique et/ou radiothérapie peuvent améliorer les symptômes.

Il ne s'agissait pas du cas de Madame BUCHER qui présentait un stade séquellaire sans signe inflammatoire.

Le symptôme dont se plaignait Madame BUCHER était la mauvaise occlusion palpébrale.

L'examen clinique réalisé par le Docteur TAZARTES n'a pas mis en évidence de rétraction palpébrale, ni supérieure ni inférieure, pouvant expliquer cette mal occlusion.

Le bilan par tomodensitométrie (scanner)toujours indispensable dans ce contexte qui a été réalisé, met en évidence une exophtalmie de grade I. Cette exophtalmie ne s'accompagne pas de gros muscles comme cela est habituel au cours de la maladie de Basedow.

L'élément sur lequel pouvait agir le Docteur TAZARTES était donc l'exophtalmie, c'est-à-dire qu'en agrandissant la cavité orbitaire, le globe oculaire recule et permet un meilleur jeu des paupières qui peuvent recouvrir complètement le globe oculaire.

C'est l’intervention qui a été proposée et réalisée chez Madame BUCHER. (pp. 15 et 16 du rapport)

Pour justifier le fait que le Dr TAZARTES m’a opérée de l’exophtalmie, oubliant la malocclusion palpébrale qui était l’unique objet de la consultation, le Pr CHAINE se livre à une explication sinueuse, fausse et parsemée de déclarations absurdes.

A l’époque de l’opération, cela faisait belle lurette que je ne souffrais plus d’ophtalmopathie dysthyroïdienne. A proprement parler, je n’en ai jamais vraiment souffert, puisque l’exophtalmie fut la seule manifestation oculaire provoquée par la maladie de Basedow et la seule séquelle qu’elle a laissée.

Non seulement l’expert CHAINE n’établit pas clairement ce point, mais il fait croire que j’étais encore atteinte d’ophtalmopathie dysthyroïdienne au moment de l’opération, inventant, pour l’occasion, un nouveau stade dans la maladie, entre la phase de la maladie active et la guérison, et qui serait un stade séquellaire sans signe inflammatoire. Tout comme les symptômes subjectifs de malocclusion, les persistantes subjectives de la malocclusion palpébrale et les malocclusions palpébrales subjectives du Dr TAZARTES, cette expression est absurde et ne veut strictement rien dire. 

En effet, l’Expert confond les « symptômes » d’une maladie en phase active, avec les « séquelles » qu’elle peut laisser après guérison, par exemple, une cicatrice. « Stade séquellaire » et « signes inflammatoires » sont antinomiques et s’excluent mutuellement. Il n’y a de signes inflammatoires qu’en phase active d’une maladie. Ils disparaissent avec elle. En outre, et même si elle est d’origine basedowienne, l’orbitopathie thyroïdienne n’est pas une séquelle de la maladie de Basedow. C’est une maladie différente de la maladie de Basedow, qui évolue indépendamment d’elle.

J'ai expliqué ces points dans mon 1er Dire à expert. Le Pr CHAINE n’en a tenu aucun compte, pas plus que des observations suivantes :

 

« Le symptôme dont se plaignait Madame BUCHER était la mauvaise occlusion palpébrale.

L'examen clinique réalisé par le Docteur TAZARTES n'a pas mis en évidence de rétraction palpébrale, ni supérieure ni inférieure, pouvant expliquer cette mal occlusion. »  

La malocclusion n’était pas un symptôme d’une orbitopathie en phase non-inflammatoire (ce qui n'existe pas), mais une conséquence, une séquelle de l’exophtalmie, elle-même séquelle de la maladie de Basedow. Cette malocclusion  s’explique très simplement : du fait que mes globes oculaires saillaient légèrement plus après qu’avant la maladie de Basedow, mes paupières supérieures qui, elles, n’étaient pas plus longues qu’avant la maladie, ne les recouvraient plus complètement, si bien qu’il subsistait un infime jour (n’atteignant pas le millimètre, je pense) entre les paupières supérieures et inférieures. Tout comme un T-shirt qui vous arrivait au nombril, vous arrive au-dessus du nombril si vous le mettez après avoir pris trois kilos – séquelle d’une ancienne crise de boulimie, par exemple, ou d’une grossesse.

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« Le bilan par tomodensitométrie (scanner)toujours indispensable dans ce contexte qui a été réalisé, met en évidence une exophtalmie de grade I. Cette exophtalmie ne s'accompagne pas de gros muscles comme cela est habituel au cours de la maladie de Basedow. »

Information erronée.

Il y a deux types d’exophtalmie basedowienne : celle caractérisée par une augmentation du volume de la graisse orbitaire (type 1) et celle caractérisée par un épaississement des muscles (type 2).

Le recul de l’exophtalmie semble plus important chez ce type de patients parce que la graisse peut, plus facilement que les muscles, « s’expandre » dans l’espace créé par l’opération. En revanche, l’absence d’atteintes musculaires/oculomotrices n’est pas du tout une garantie qu’il n’y aura pas de diplopie postopératoire en cas de chirurgie décompressive. (P. J. n° 131 ; 140, citation n° 10)

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« L'élément sur lequel pouvait agir le Docteur TAZARTES était donc l'exophtalmie, c'est-à-dire qu'en agrandissant la cavité orbitaire, le globe oculaire recule et permet un meilleur jeu des paupières qui peuvent recouvrir complètement le globe oculaire.

C'est l’intervention qui a été proposée et  réalisée chez Madame BUCHER. »

 

Conclusion erronée.

On obtient la même chose en allongeant un peu la paupière supérieure. On peut aussi éviter toute chirurgie en conseillant au patient de se débrouiller pour faire le noir total au moment de dormir.

Pour reprendre la comparaison avec le T-shirt, ce n’est pas parce que le T-shirt ne lui arrive plus au nombril que l’ex-boulimique va désormais refuser toute nourriture ou que l’ex-femme enceinte va tuer son môme ou se ligaturer les trompes. Le moyen est pour le moins disproportionné – quand bien même ces personnes devraient garder toute leur vie leurs deux ou trois kilos de trop. Elles s’achèteront des T-shirts plus grands. Sans compter que tuer son môme, ce n’est pas agir sur les kilos – de même que m’opérer de l’exophtalmie, ce n’était pas agir sur la malocclusion palpébrale. En effet, la cause directe, physique, du fait que le T-shirt n’arrive plus jusqu’au nombril, ce sont les 2 ou 3 kilos en trop, pas le môme, tout comme la cause directe, physique, de ma malocclusion palpébrale tenait à une particularité anatomique de mes paupières, qui n’étaient plus assez longues pour recouvrir les globes oculaires, non pas la maladie de Basedow ou à l’exophtalmie qui ne constituent que des causes indirectes.

On n’a pas le droit de tuer son môme parce que la grossesse nous a laissées avec 2 ou 3 kilos de trop.

Un chirurgien n’a pas davantage le droit d’invalider un patient en lui faisant subir, à son insu, une opération contre-indiquée, qui, de surcroît, ne traite pas la cause directe de la gêne dont il se plaint.

Azureine, victime de fautes médicales et d’expertises judiciaires bidon

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